Folies Coloniales

Comment voyait-on l'Autre, en 1930 ? Textes de façade, vérités officielles, discours de circonstance, langue de bois...

Du 4 au 28 mars 2009

Algérie, années 30

Sous des airs de Jour de Fête, à travers l'empilement de discours officiels, d'extraits de manuels scolaires, de paroles historiques, de comptes-rendus de manifestations sportives, de poèmes de circonstance (tous authentiques)..., un état des lieux, comme un instantané du langage colonial, tel qu'il s'est exprimé lors des cérémonies de la célébration, à Paris et à Alger, du Centenaire de l'Algérie française, en 1930.

Comment voyait-on l'Autre, en 1930 ? 

Je possède un document unique, lumineux, qui répond à la question.

Il s'agit de deux énormes volumes, 900 pages en tout, établissant le compte-rendu exhaustif de toutes les manifestations consacrées, cette année-là, à la célébration du « Centenaire de l'Algérie » : congrès, conférences, œuvres artistiques, soirées, poèmes, odes, expositions, concours, défilés, témoignages - notamment, un étonnant journal de voyage de lycéens, tenu au jour le jour par un inspecteur d'Académie-... et , surtout, l'intégralité des discours prononcés, ici et là, en cette occasion.

Cette compilation est l'œuvre de mon grand-père maternel, haut fonctionnaire à la Ville de Paris, et dont l'une des fonctions était d'en être l'historiographe - et l'hagiographe - vigilant.

Triomphe, avec l'Exposition coloniale qui va suivre immédiatement en 1931, de la pensée coloniale, cette somme expose en pleine lumière la superbe de l'Homme Blanc, sa foi en son pouvoir démiurgique (Avant nous, le chaos, avec nous, la lumière), son racisme tranquillement affiché, béat, naturel : négation absolue de l'Autre, qui passe par tous les cas de figures - folklorisation, dépréciation, et jusqu'à son absence pure et simple. C'est surtout un hymne - qui nous paraît aujourd'hui dérisoire et tragique, délirant ( y règnent l'hyperbole et les adjectifs...) - aux valeurs "civilisatrices" de notre Troisième République, contenues, pour faire vite, dans le « devoir qu'ont les races supérieures de coloniser les races inférieures » (Jules Ferry, eh oui...) .

Textes de façade, vérités officielles, discours de circonstance, langue de bois : tout y est fait pour encenser l'entreprise coloniale, en évacuant sciemment toutes les zones d'ombre (quarante ans de résistance à la « pacification », un tiers de la population massacrée y sont ainsi réduits à des « péripéties »). Mais textes qui révèlent autre chose que ce qu'ils souhaitent transmettre, se retournent contre leurs auteurs, et, à eux seuls, condamnent définitivement l'entreprise coloniale qu'ils portent aux nues.

Cette conception du monde précède de seulement 15 ans les émeutes de Sétif et de Constantine, de 24 ans le début de la Guerre d'Algérie. Elle prévaudra jusqu'en 1962, date à laquelle, en même temps que l'indépendance de l'Algérie, elle passera brusquement à la trappe : chape de silence dont les effets pervers sur l'évolution de notre société commencent tout juste d' être reconnus.

Je veux faire entendre -monter- ces documents. En faire le fil rouge d'une parade, nécessairement burlesque -Banquet Républicain et/ou « Revue Blanche »- qui puisera également dans d'autres documents de l'époque : déclarations d'hommes politiques célèbres, affirmations de « savants », dialogues tirés de romans ou de films, extraits de débats politiques, et beaucoup de chansons...

Ni condamnation, ni repentance : seulement faire entendre d'où nous venons. Et ce qui reste encore, profondément, enfoui en nous, et qui pèse. Et faire percevoir aussi, en creux, le cri, jamais entendu, de l'autre."

Dominique Lurcel

Distribution et débats 

Distribution

Débats :

À l'issue de la représentation vous pourrez assister à deux débats autour du spectacle :


  • le 12 mars, avec Benjamin Stora , historien sociologue sur le thème de l'Algérie coloniale
  • le 26 mars, avec Sophie Bessis , historienne et journaliste sur le thème de l'Occident et les autres

Accès libre sur présentation d'un billet d'entrée (daté entre le 4 et le 28 mars)

Mise en scène : Dominique Lurcel (collaboration artistique : Françoise Thyrion)
Musique : Ronan Maillard
Direction vocale : Céline Bothorel
Scénographie : Pierre Attrait
Costumes et accessoires : Elisabeth Dallier (assistée de Gaëlle Faisant)
Lumière : Philippe Lacombe
Construction du décor : Christian Narcy / Ateliers du Spectacle
Fabrication des accessoires : François Jambu
Infographie : Vanessa Girault
Avec : Amélie Amphoux, Céline Bothorel, Philippe Catoire, Samuel Churin, Mathieu Desfemmes, Sylvie Laporte, Guillaume Ledun, Magali Montoya, Françoise Thyrion, Guillaume van't Hoff

Une Production : Passeurs de Mémoires.
Coproduction : Parc de la Villette, Espace 1789 (Saint-Ouen). L'Onde (Vélizy). Seine-et-Marne

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Île-de-France), du Conseil général de Seine -et- Marne, de la Ville de Nangis, de la Ligue des Droits de l'homme de l'ADAMI et la SPEDIDAM.

L'avis de nos adhérents et de la presse 

La presse en parle :

L'avis de nos adhérents

"Ce genre du cabaret se prête parfaitement au sujet traité."
Joëlle

"Spectacle jubilatoire par la mise en scène, l'interprétation, le télescopage de textes littéraires, politiques et satyriques."
Elisabeth

"Le spectacle est indispensable, les acteurs remarquables !
A rendre obligatoire, à voir absolument !"
Nathalie

"Dominique Lurcel et ses comédiens, tous parfaits, dressent un lexique édifiant du langage colonial."
PARISCOPE, 18 mars 2009

"Une insolente déclaration d'indépendance face aux tenants de la colonisation bienfaitrice !"
A NOUS PARIS, 16 mars 2009

"Une revue blanche, très blanche, qui fait rire jaune !"
PARISCOPE, 4 mars 2009

"Dominique Lurcel dresse en chansons ou en saynètes un état des lieux du langage et de la pensée coloniale française de l'époque."
DIRECT MATIN, 4 mars 2009

"Inventaire sidérant qui fait frémir au premier degré et hurler de rire si on parvient à dépasser le deuxième degré... Un spectacle terrifiant et drôle !"
LA TERRASSE, mars 2009

Renseignements pratiques 

Information et réservations

NOUVEAU :

Imprimez votre billet à domicile
sur notre site de billetterie en ligne

Individuels : 01 40 03 75 75

Groupes : 01 40 03 75 39
Des tarifs préférentiels sont réservés aux groupes
Contact : Claudine Simoni : c.simoni@villette.com
 

Spectacle conseillé à partir de 14 ans

Matinées

ouvertes aux groupes scolaires, étudiants et socio-culturels :

les 12 et 26 mars, à 14h30.
Tarif groupes : 8€ par personne
Pour réserver : 01 40 03 74 82

Dates et Horaires : Du 4 au 28 mars 2009

  • mardi et jeudi à 19h30
  • mercredi, vendredi et samedi à 20h30


Lieu : Salle Boris Vian dans la Grande Halle


Accès :
Pour l'accès en voiture, en transport en commun ou autres moyens, voir les infos et réservations générales

Tarifs
Plein Tarif Tarif Réduit Moins de 16 ans Carte Villette Tarif Groupes

Folies Coloniales

 15€

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 8€

 9€

 8€

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